|
armes des mouvements terroristes |
|
L'approvisionnement en armes et en munitions est l'un des soucis majeurs des mouvements terroristes et révolutionnaires. La régularité et la fiabilité de la logistique sont fréquemment les points critiques des mouvements révolutionnaires, qu'ils soient terroristes ou de guérilla. Sources d'approvisionnement a) Fabrication
artisanale En outre, les dispositions culturelles et artisanales de certaines populations ont favorisé une production locale. Ainsi, à Darra, petite bourgade à 30 km au sud de Peshawar (Pakistan), on fabrique des copies de relativement bonne qualité de toutes sortes d'armes, du Kalachnikov à la mitrailleuse M2-HB de 12,7 mm. Aux Philippines, depuis la seconde guerre mondiale, s'est développé un artisanat de production d'armes basé sur l'usage de pièces de plomberie. Ces fusils à un coup appelés " Slam Bang " ou " Paliuntod Gun " sont produits en grande quantité sur l'île de Luçon. Le Paliuntod engendrera le développement d'armes plus sophistiquées, utilisant des munitions de chasse, les " Paltik Guns ", généralement à un coup. Dès 1972, avec l'application de la loi martiale par le président Marcos, la production artisanale d'armes s'est éteinte pour céder la place aux armes " d'importation ", plus puissantes et plus fiables, comme le M-16 américain, ou le FN FAL belge. La fabrication artisanale des armes a pratiquement disparu en Europe, mais reste répandue en Asie. En Afrique, avec l'effondrement du prix des armes (en Afrique australe, le prix courant d'un Kalachnikov AK-47/AKM varie entre 9 et 33 dollars), la fabrication artisanale n'offre que peu d'intérêt. En Europe, seule l'IRA Provisoire, dispose d'ateliers clandestins capables de concevoir et de réaliser des bombes et des armes sophistiquées. Outre des détonateurs et déclencheurs électroniques sophistiqués et des bombes, l'IRA a développé une série de mortiers avec mise à feu à distance. Ainsi, pour l'attentat contre le 10 Downing Street, en 1991 était du type Mark 10, placé sur un camion et qui lance à 300 m un obus de 150 mm contenant 11 kg d'explosif. b) Les
sources extérieures On trouve également, particulièrement vers la fin des années 80 des armes relativement sophistiquées, comme le pistolet silencieux PBS, qui utilise une cartouche spéciale silencieuse, utilisé par le FMLN au Salvador. Pour des raisons essentiellement logistiques, les mouvements terroristes opérant en Occident tendent à s'approvisionner sur le marché occidental par le biais de vols, d'acquisition sur le marché commercial. Pour ces mêmes raisons (mais aussi par " discrétion "), l'URSS a fourni des armes occidentales à certains mouvements d'Amérique Centrale, prélevées sur les quelques 791 000 fusils d'assaut M-16 (dont une partie dans leur emballage d'origine!) et plus d'un million d'armes légères diverses laissées derrière elles au Vietnam par les forces US. Jusqu'à la fin des années 80, l'IRA était approvisionnée par la Libye, par voie maritime. La Libye cesse alors son soutien logistique et communique même aux autorités britanniques les quantités de matériels fournies. C'est la communauté irlandaise des Etats-Unis qui prend la relève. Les armes sont stockées en République d'Irlande, sous la responsabilité du Southern Command de l'IRA. Les missiles antiaériens Durant la guerre d'Afghanistan, les Etats-Unis ont fourni à la résistance afghane environ un millier de missiles antiaériens Stinger, dont 200-300 n'auraient pas été utilisés. La guerre terminée, une partie des missiles non utilisés a été acheminée vers l'Iran. Certains Stinger auraient été livrés entre août et octobre 1992 au Moro Islamic Liberation Front (MILF) philippin. D'autres ont été livrés au Tadjikistan. Soucieuse de l'utilisation que pourraient en faire des mouvements terroristes, la CIA a lancé un programme de rachat des missiles au début des années 90. L'offre de 68 000 dollars pour chaque Stinger rendu, ne semble n'avoir pas connu un grand succès, car ces missiles se vendaient alors sur le marché clandestin à des prix situés entre 120 000 et 208 000 dollars l'unité. Groupes terroristes en possession de missiles antiaériens Les attaques contre des avions au moyen de missiles antiaériens sont devenues fréquentes depuis la fin des années 80. Elles concernent cependant principalement les pays où opèrent une guérilla et touchent en priorité des avions militaires. Durant les années 70, certains groupes terroristes, comme les Brigades Rouges ont eu accès à des missiles antiaériens soviétiques SA-7 Strela, à travers la Libye ou des organisations palestiniennes. Un certain nombre de ces armes a également été importé clandestinement en Irlande du Nord au milieu des années 80. En 1989, un hélicoptère britannique du type Wessex a été abattu par un SA-7, et on estime qu'il existe encore 2 à 3 missiles dans l'arsenal de l'IRA. Il semble, par ailleurs, qu'en 1993, des contacts entre la PIRA et l'Iran aient eu lieu pour l'obtention de nouveaux missiles antiaériens portables. Les missiles antiaériens portables constituent une menace pour l'aviation civile, et permettraient d'abattre des appareils civils dans un rayon de plusieurs kilomètres autour des aéroports. Toutefois, à l'exception d'une tentative à l'aéroport de Fiumicino à la fin des années 70, d'attaques de la Zimbabwe African People's Union (ZAPU) contre des avions de ligne rhodésiens en 1978-79 et des attaques confirmées contre des appareils de l'ONU en Angola en 1994 et 1997, on ne relève pas d'usage terroriste de missiles antiaériens contre des appareils civils. La majeure partie des attaques ont visé des appareils militaires, dans un contexte de conflit ouvert. L'attentat du 7 avril 1994 contre le Mystère-Falcon des présidents du Rwanda et du Burundi avec un missile SA-7 ne relève probablement pas du terrorisme, mais plutôt de l'opération clandestine De nombreuses informations relèvent cependant les mauvaises conditions de stockage de ces systèmes sensibles, et mettent en doute leur capacité de fonctionner. c) Les vols d'armes Les vols d'armes et de munitions sont la principale source d'approvisionnement des mouvements terroristes en Europe et en Amérique du Nord. Aux USA, le 23 mars 1993, est annoncée la " disparition " de 2,3 tonnes d'explosif C-4 à l'Aberdeen Proving Ground (Maryland). En 1997, une opération conjointe entre le Federal Bureau of Investigation (FBI), le Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms (ATF) et le Naval Criminal Intelligence Service (NCIS) a conduit à l'arrestation d'un réseau de 22 militaires et à la découverte d'un arsenal allant des fusils M-16 aux mines Claymore, en passant par de l'explosif C-4. On estime que plus de 15 000 armes volées ont été expédiées à l'IRA depuis les Etats-Unis. Les vols d'armes prennent souvent des dimensions importantes. Ainsi, l'Armée de Libération du Kosovo (UÇK), a littéralement pillé les dépôts de l'armée albanaise entre janvier et mars 1997. Certaines de ces armes sont revendues à Tropoja, à proximité des camps d'entraînement de l'UÇK, à 10 km de la frontière de la Serbie / Kosovo (un fusil d'assaut Kalachnikov est vendu pour 40 DM) : vols d'armes et de munitions par l'UÇK d) Les armes commerciales Même si dans certains pays comme la Suisse ou les Etats-Unis l'accès aux armes individuelles est relativement aisé, les armureries commerciales ne constituent pas la source d'approvisionnement privilégiée des terroristes. Le marché parallèle d'armes volées ou d'armes provenant de vieux stocks militaires fournit des armes de qualité militaire à des prix largement inférieurs aux prix commerciaux. Parmi les possibilités futures des terroristes se trouvent les armes légères non-métalliques, réalisées avec des polymères, du teflon, du verre, du graphite et autres alliages, qui rendent l'arme indétectable aux rayons X. La firme américaine Red Eye Arms Inc., Casselberry (FL), a obtenu en novembre 1987 un brevet pour un pistolet virtuellement indétectable, dont les seules parties métalliques sont les ressorts. Red Eye Arms a assuré que cette arme ne serait fabriquée qu'à l'usage exclusif du gouvernement. Certaines armes, comme les pistolets GLOCK utilisent de nombreux composants non-métalliques qui les rendent difficilement détectables. |
|
Autres appellations: |
|
|
Bibliographie: |
Brau
Jean-Louis, Les armes de guérilla, Paris, 1974 |
|
Corrélats: |
|
|
Site Internet: |