Parti des Travailleurs Kurdes,PKK


Nom anglais:

Kurdistan Workers' Party,PKK

Nom original:

Partiya Karkeren Kurdistan,PKK

Pays:

Turquie


Organisation de guérilla indépendantiste de tendance marxiste-léniniste, créée en 1978, à Ankara et implantée au Kurdistan dès 1979. Il a pour objectif la création d'un état kurde indépendant aux confins de la Turquie, de l'Irak et de la Syrie. Son organisation de front, le Front de Libération Nationale du Kurdistan (ERNK), dispose de bureaux à Athènes, Vienne, Rome et Copenhague. La lutte armée est assurée par sa branche militaire: l'Armée Populaire de Libération du Kurdistan. Les estimations concernant ses effectifs varient entre 3 400 et 11 000 guérilleros. Depuis 1984, la lutte le PKK et le gouvernement turc aurait causé quelque 30 000 morts civils et militaires.

Le 27 novembre 1978, Abdullah Öçalan, étudiant en sciences politique de l'Université d'Ankara et membre de l'Organisation de la Jeunesse Révolutionnaire (Devrimci Genc ou Dev Genc), fonde officiellement le PKK, qui tient son premier congrès à Fis, en 1979.

Tout d'abord implanté au Kurdistan turc, le commandement du PKK s'expatrie vers la Syrie, le 12 septembre 1980, dès la prise de pouvoir du général Kenan Evren, et Öçalan s'établit à Damas. Une faction du PKK s'installe dans la plaine de la Beka'a, au Liban. Avec l'aide de la Syrie, il commence ses opérations contre la Turquie.

En 1984, Öçalan crée une branche militaire, les Unités de Libération du Kurdistan (Hazen Rizgariya Kurdistan - HRK), qui mènent leurs actions depuis la Syrie. Mais ces opérations sont mal préparées et manquent de soutien populaire. Et, au 3e Congrès du PKK, en octobre 1986 à Damas, est créée l'Armée de Libération Populaire du Kurdistan (Arteshen Rizgariya Gelli Kurdistan - ARGK) tandis que l'ERNK devient l'organisation de front du mouvement. C'est à partir de ce moment que les opérations militaires contre la Turquie prennent de l'ampleur et deviennent plus meurtrières.

Le 21 mars 1985 est créé le Front de Libération Nationale du Kurdistan (Eniya Rizgariya Netewa Kurdistan - ERNK) qui sera l'organisation " de front " du PKK à l'étranger. L'ERNK commence réellement à s'implanter en Europe dès 1989.

Organisation opérationnelle du PKK

Depuis 1984, les affrontements avec le gouvernement turc ont causé 2 500-3 000 morts. La criminalisation progressive du PKK, ainsi que ses méthodes brutales envers les populations dont il contraint le soutien, l'ont rendu relativement impopulaire en Turquie.

A la fin des années 80, le PKK entreprend de contrôler et de discipliner la diaspora en Europe. Cette " prise en main " cause une vingtaine de morts entre 1985 et 1987. Qualifié d'organisation terroriste, le PKK est interdit depuis 1993 dans certains pays d'Europe, comme l'Allemagne et la France.

En 1989, le PKK crée une " cellule " intégriste - l'Unité des Religieux Nationaux - en son sein et bénéficie du soutien financier et logistique de l'Iran, en vertu d'un accord entre la Syrie et l'Iran. Le PKK utilise également les services des unités Al Qods, qui assurent la formation des guérilleros kurdes.

Le chef du PKK, Abdullah Öçalan (" Apo "), réside à Damas et le mouvement entretient un poste de commandement opérationnel dans la plaine de la Beka'a, à l'ouest de Beyrouth. Le chef des opérations est son frère Osman Öçalan (" Farhat ").

La Syrie, principal soutien du PKK, est sous pression importante de la Turquie. Celle-ci a menacé à plusieurs reprises de rompre l'accord concernant l'utilisation des eaux de l'Euphrate, si la Syrie continuait à soutenir le PKK. A ceci s'ajoutent la disparition de l'URSS, et le rapprochement de la Syrie et de l'Occident (la Syrie participe à la Coalition occidentale contre l'Irak en 1990-91) qui ont eu pour conséquence une baisse du soutien à certains mouvements terroristes. Le 17 avril 1992, dans le cadre des discussions autour de l'usage de l'eau, est signé un accord de sécurité mutuel, qui prévoit la fermeture des camps d'entraînement du Dev Sol et du PKK dans la plaine de la Beka'a. Cet accord est suivi par des discussions en septembre 1992, à l'issue des quelles la Syrie s'engage à déclarer le PKK illégal sur le territoire syrien. Ainsi, en décembre 1993, le PKK déplacera son quartier-général à Seli, au Nord de l'Irak, en rupture de l'accord passé avec le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), qui interdit toute activité du PKK dans ce secteur.

En mars 1993, le PKK signe un protocole d'accord avec le Parti Révolutionnaire Hezbollah Kurde afin d'unifier leurs forces contre le gouvernement turc. Un certain nombre d'action est mené contre des touristes étrangers.

Dès 1993 cependant, Öçalan tente de privilégier l'option politique dans sa lutte. Un cessez-le-feu unilatéral est prononcé le 23 mars. Ces efforts sont poursuivis de manière plus appuyée tout au long de 1994. Öçalan recherche l'appui d'un certain nombre de dirigeants politiques occidentaux et publie une déclaration d'intention pour s'engager à respecter les Conventions de Genève et ses protocoles additionnels. En outre, sa position concernant l'indépendance du Kurdistan s'assouplit en direction d'une autonomie au sein d'un système fédéral, tandis que sa couleur marxiste-léniniste et maoïste s'estompe progressivement vers un système social-démocrate.

Au 5e Congrès du PKK, tenu du 8 au 25 janvier 1995, l'organisation subit une restructuration, tandis que le marteau et la faucille sont retirés des emblèmes. Le principe du socialisme soviétique, qui avait servi de référence jusque là, est désormais rejeté parce que ne répondant plus à la situation actuelle. Le socialisme soviétique est même dénoncé comme " la plus primitive et plus violente période du socialisme ". Le congrès décide que les voies politique et diplomatique seront poursuivies parallèlement à la voie militaire pour parvenir à une résolution du conflit.

En mai 1997, l'armée turque lance une importante opération au Nord de l'Irak, simultanément avec une offensive du PDK, qui portent un coup sévère aux forces du PKK. En mars 1998, Sadim Sakik, le commandant en second du PKK est capturé par des commandos turcs au Nord de l'Irak.

Le 20 octobre 1998, un accord de coopération entre la Syrie et la Turquie précise et complète les accords précédents, en définissant le PKK comme un mouvement terroriste et en interdisant l'usage du territoire syrien pour toute activité, qu'elle soit logistique, opérationnelle ou de simple passage. Cet accord conduit à l'expulsion d'Abdullah Öçalan, qui commence un périple afin d'obtenir l'asile politique, qui conduira à sa capture, le 15 février 1999 à Nairobi.

Depuis 1992, le PKK s'installe progressivement en Irak. Profitant de la lutte entre le PDK et l'UPK, il s'installe dans la zone contrôlée par l'UPK. En 1996, il reçoit l'autorisation d'opérer sur territoire irakien, permettant ainsi à Saddam Hussein de bénéficier lui aussi des rivalités kurdes.

Bases du PKK au Liban, en Syrie et en Irak

Ressources

On évalue le budget annuel du PKK à 86 millions de dollars. Ses sources de financement sont les campagnes de collecte de fonds organisées périodiquement en Europe, les cotisations diverses, la vente de publications, les activités commerciales légales, les attaques à main armée, l'extorsion (impôt révolutionnaire) auprès de commerçants et industriels, le racket, la contrebande de main-d'œuvre, les trafics divers.

En Europe occidentale, l'ERNK, est chargé du prélèvement de l'impôt révolutionnaire, et assure certaines activités de renseignement et des opérations spéciales (contre des organisations kurdes rivales). En Grande-Bretagne seulement, on estime le résultat du racket de la communauté kurde à environ 4 millions de dollars par an.

Le PKK contrôle environ un tiers de la production illégale d'héroïne en Turquie et son commerce en Europe devrait couvrir son budget pour 31 millions de dollars.

Les relations entre le PKK et le trafic d'héroïne passe à travers la " mafia " kurde et ses clans présents dans toute l'Europe. Ces clans sont basés sur la structure familiale et ont des liens étroits avec le PKK, malgré les dénégations d'Abdullah Öçalan. Parmi les clans impliqués, mentionnons les clans Aksoy, Aydin-Metin, Baybasin, Cantürk, Demir, Guven, Kaya, Kitay, Konuklu-Ay, Koylan, Ozdemir, Polat, Sakik, Senar, Ugur, Yildrim.

Il semble que le PKK ait bénéficié du soutien de la Grèce, au moins jusqu'au début des années 90, avec une contribution annuelle de 10 millions de dollars.

Collaboration

En août 1988, le PKK a signé un accord de coopération avec le Devrimci Sol, dont les combattants ont été formés dans le camp du PKK à Al-Heloué de 1991 à 1992.

Il collabore également avec l'Irak, qui lui offre son soutien pour combattre la Turquie et les autres mouvements kurdes. Durant Desert Storm, le PKK a fourni des informations à l'Irak sur les forces US en Turquie. Le PKK a également établi une collaboration intensive avec l'Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l'Arménie (ASALA).

Structure

Le PKK est dirigé par Abdullah Öçalan, président du mouvement (jusqu'en 1994 : secrétaire-général). Il est entouré d'un Conseil Présidentiel composé de six personnes, chacune à la tête d'un bureau.

Opérations

L'ARGK compterait entre 7 000 et 10 000 combattants, actifs en Anatolie et avec des bases en Irak, en Iran, au Liban et dans le Caucase. Jusqu'en 1992, ils sont formés et entraînés au rythme de 300-400 combattants par trimestre, à l'Académie Militaire Mahsoum Korkmaz, à Al-Heloué au Liban, fermée à la suite de la signature des accords entre la Syrie et la Turquie. Avec la signature des divers accords entre la Turquie et la Syrie, les bases du PKK / ARGK ont été progressivement fermées et se sont déplacées vers l'Irak, en zone de l'UPK, notamment à Quaradagh, Zallaï et Koy Sanjak.

Les actions du PKK en Turquie étaient généralement des raids conduits à partir de bases provisoires établies dans les montagnes, dirigées contre des postes militaires ou des objectifs d'importance économique.

Avec le développement des capacités héliportées de l'armée turque, le PKK a dû modifier ses tactiques et se concentrer sur des opérations de petite envergure, impliquant de petits groupes de combattant, et s'engager de plus en plus dans des actions de guérilla urbaine.

Outre les opérations militaires en Turquie, une des forces du PKK est sa capacité de mobilisation au sein de la diaspora kurde dans le monde. Le 24 juin 1993, et, plus récemment, le 17 février 1999, après l'arrestation d'Öçalan, le PKK a pu mobiliser simultanément et à court terme, ses membres et sympathisants à travers toute l'Europe pour des manifestations et émeutes de protestation. C'est à la fois cette capacité de mobilisation, mais également le principe du PKK d'exporter la lutte en Europe qui a motivé la décision allemande du 26 novembre 1993 d'interdire le mouvement.



Autres appellations:

Bibliographie:

Corrélats:

Armes des mouvements terroristes

Site Internet: