terrorisme international


Forme de terrorisme résultant de la collaboration internationale de mouvements terroristes. Dès le début des années 60, la collaboration entre les mouvements de libération et terroristes s'est développée sous l'égide de l'URSS et de Cuba. Cette collaboration s'est matérialisée sous forme d'aide financière, d'appui logistique, de mise à disposition de personnel, etc. Parfois même, cette collaboration a réuni des mouvements terroristes d'extrême-droite et d'extrême-gauche.

Les contacts entre mouvements terroristes se sont souvent concrétisés par des " conférences ", dont la plus célèbre a été la Conférence Tri-Continentale de La Havane, en 1966, qui a regroupé 83 mouvements terroristes du monde entier. D'autres conférences ont eu lieu avec une portée plus régionale, comme celle tenue à Porto le 9 septembre 1981 entre les membres d'Action Directe, de Prima Linea, du GRAPO espagnol et des Forces Populaires portugaises. Toutefois, ces conférences aboutissent rarement à l'élaboration d'une stratégie ou même d'une action commune, elles définissent plutôt des procédures d'entraide.

Depuis le début des années 90, les mouvements terroristes latino-américains ont constitué une organisation regroupant les Forces Populaires de Libération (El Salvador), l'Euskadi Ta Askatasuna (Espagne) et d'autres organisations révolutionnaires du Chili et de l'Uruguay.

Les mouvements terroristes d'aujourd'hui exploitent les moyens de communication modernes pour communiquer entre eux, faire de la propagande ou recruter du personnel. Le réseau informatique Internet est notamment utilisé par le mouvement extrémiste juif de Kahane Chai avec un bulletin " Judean Voice ". Les islamistes algériens utilisent également Internet pour de la propagande, tandis que des officines aux USA utilisent le même réseau pour recruter des combattants pour la Tchétchénie.

Le terrorisme international prend des formes diverses:

  • Collaboration spontanée entre mouvements terroristes partageant des objectifs communs. La collaboration entre Action Directe et la Rote Armee Fraktion durant les années 80 est un exemple probant de coordination stratégique de l'action terroriste.

  • Echanges de " services " tels que formation ou appui logistique entre mouvements. Une telle collaboration est due à une similitude de statut (clandestin) plutôt qu'à des objectifs politiques ou opérationnels communs. Il en est ainsi de la coopération entre l'Euskadi Ta Askatasuna et la Provisional Irish Republican Army pour l'approvisionnement en armes et les techniques d'utilisation des explosifs.

  • Parrainage et coordination de l'action terroriste par un pays qui dispose d'antennes réparties dans le monde. Il en est ainsi du terrorisme parrainé par la Libye ou l'Iran, et du terrorisme islamique qui exploitent les réseaux offerts par la diaspora arabe ou musulmane. Ce parrainage peut couvrir plusieurs mouvements terroristes, dont les objectifs sont parfois divergents, exploités par l'Etat-parrain à seule fin de déstabiliser. C'était typiquement l'attitude de certains pays du Traité de Varsovie, comme l'URSS ou la RDA, qui ont soutenu les mouvements terroristes les plus divers (y compris d'extrême-droite) avec le seul objectif de déstabiliser les pays de l'OTAN.

  • " Mutinationalisation " de l'action terroriste par un mouvement qui dispose d'antennes ou organisations de front dans d'autres pays, afin d'organiser des pressions internationales et atteindre des objectifs dans le pays d'origine du mouvement. C'est l'exemple du terrorisme arménien (Armée Secrète Arménienne de Libération de l'Arménie) du début des années 80 en France et en Suisse (pays-cible : la Turquie), du terrorisme islamique (Groupe Islamique Armé) en France au début des années 90 (pays-cible : l'Algérie), du Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) à la fin des années 90 (pays-cible : la Turquie).

  • Usage de sanctuaires par un mouvement, installé dans un pays limitrophe à sa zone d'opération. Les terroristes ne résident pas dans la zone opérationnelle, mais bénéficient de l'ignorance, de la complaisance, voire de la complicité d'un pays voisin. L'Euskadi Ta Askatasuna (ETA) basque et la France ou l'Irish Provisional Army (IRA) avec l'Irlande, la Rote Armee Fraktion (RAF) avec la Suisse, ont opéré de la sorte.

L'usage de l'expression " terrorisme international " a souvent pour objectif de suggérer l'existence d'un " complot international ". On utilise même parfois cette expression pour décrire les activités terroristes ou de guérilla de certains mouvements africains, par exemple. Or, ces mouvements, le plus souvent régionaux, tirent leur caractère " international " de la situation particulière des frontières et de la distribution ethnique, et devraient de manière plus appropriée être qualifiés de " transnationaux ".



Autres appellations:

Bibliographie:

Bonanate Luigi, Le terrorisme international, Florence, 1994

Corrélats:

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