Mouvement menant activement des opérations de nature violente, parfois avec des méthodes terroristes.Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC)


Nom anglais:

 

Nom original:

el-Jama'a es-Salafiyya li Da'wa wal Qital

Pays:

Algérie


Groupe créé le 14 septembre 1998 et dirigé par Hacène (ou Hassan) Hattab (alias Abou Hamza)(1) (2003), ancien militaire et ancien émir de la Zone II du 4 Groupe Islamique Armé (GIA) , dont il s’est dissocié en contestant sa politique d’attentats indiscriminés.

La création du GSPC suit une vague de violentes et sanglantes dissensions au sein du GIA. L'un des fondateurs des GIA et émir de sa Zone VI, Mohammed Hellis (alias Abou Talha Al-Djanoubi), qui avait quitté le GIA, est abattu le 23 août avec deux de ses compagnons, dans le secteur de Jijel, par des hommes de Hassan Hattab, pour avoir refusé de rejoindre le GSPC.

En avril 1999, le Majlis ech-Choura du GSPC veut remplacer Hattab à la tête du mouvement et nomme Abdelmadjid Dichou (Abou Mossab), qui ne restera que deux mois à son poste, avant d’être éliminé et de céder ainsi à nouveau la place à Hattab.

Le GSPC s’est développé en reprenant de nombreux réseaux et kataeb du GIA. Les subordinations et les structures changent rapidement et souvent. Certaines unités ont des parcours complexes, comme une partie de la katibat « el-Khadra » implantée au Sud-Est de Médéa, dirigée par Mohammed Houti (alias Otba), passée au 4 Groupe Sunnite pour la Prédication et le Djihad (GSPD) en 1996, puis au GSPC en mai 2002.

Les personnalités du mouvement sont :

  • Abou el-Haïtham, bras droit de Hacène Hattab.
  • Zerabib Ahmed (alias Abou el-Bara), originaire de Boudouaou, idéologue du GSPC. Il signe les décrets appelant au Djihad, supervise les actions de propagande et de diffusion idéologique du mouvement dans les couches populaires. (fin 2002)

Il est le mieux organisé des groupes armés islamistes actifs en Algérie. Il compterait 350 à 400 hommes, dont de nombreux ex-militaires de l’armée algérienne, organisés en katiba et phalanges

Le GSPC est articulé autour de la Zone II du GIA – progressivement renforcé par des éléments des Zones IV, V, VI et VIII – et se subdivise en deux jound (bataillons) et des kataeb indépendantes :

a) Jound « el-I’tissam »

  • Katibat « el-Ansar », dirigée par Mohammed Arezki Houmil (alias el-Khomeini) (jusqu’en septembre 1993), Adbedhamid Saadaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem) (1993-2000), Djamel Harfouchi (alias Lyès) (jusqu’en avril 2002) et Abbas Bou Bakr (alias Selmane) (04.2002–) qui opère dans la moitié Est de la wilaya de Boumerdès. Outre le prélèvement de l’impôt islamique (djizia), elle tire ses revenus d’une collaboration mafieuse pour l’extraction et la vente de sable de construction. Ses effectifs sont estimés à 160 combattants et elle est l’une des rares kataeb à être composée de deux fassilat (sections)(2):
    1. Fassilat « el-Ouadit », dirigée par Lyès Saadaoui (alias Houdheyfa), composée du seriat de Bordj Ménaïel (dirigé par Mourad Louzaï, alias Nouh – 2003) et du seriat d’Isser (dirigé par Hachemi, alias Souheib – 2003)
    2. Fassilat « Bounab », dirigée par (alias) Abou Talha et composée du seriat de Sahel Boubarek (dirigé par Aïssa Boucenna, alias Guergat – 2003)
  • Katibat « el-Arqem », dirigée initialement par Boualem Hamza (alias Yacine) (1998-2000), puis par Djamel Nich (alias Abou Samah) (dès 2000). Elle opère au centre de la wilaya de Boumerdès. Prestigieuse, en raison des liens de son émir avec Hassan Hattab, elle comptait quelque 150 combattants en 1995, mais, dès 2000, un grand nombre de redditions a fait fondre ses effectifs jus qu’à 40 combattants (2003). Elle se compose de trois groupes :
    1. Seriat de Thénia, dirigée par Rabah Dramchi (2003)
    2. Seriat d’Ouled Ali, dirigée par Mohamed Boudjemaa (2003)
    3. Seriat de Djerrah, dirigée par Aberrezak Sersoub, alias Abd el-Djebar (2003)

b) Le Jound « el-Ahd », dirigé par Mohammed Djemati (alias Abdallâh el-Mir) :

  • Katibat « el-Feth » (anciennement subordonnée au jound « el-I’tissam »), dirigée initialement par Noureddine Halouane, puis par Hassan Hattab (jusqu’en juin 1995), Mohammed Seghir Tsala (alias Yahia) (dèa juin 1995), Omar Chaouch (alias Abou Khaled), Djamel Khaled Kébir (alias Farouk), Rachid Zitouni (alias Abou Imad ou Chebouti), puis Rezki Izza (alias Abou Djaafar) (2003). Elle opère au Sud-Est d’Alger, dans la région de Meftah, jusque dans la banlieue de la capitale. Elle se compose de trois groupes :
    1. Seriat « Ghorabat », dirigé par Kamel Bourihat, dans le secteur de Keddara
    2. Seriat « Chouhada », dirigé par Omar Bentitraoui (aliasYahia), dans le secteur de Boudouaou
    3. Seriat « el-Iqdam » ou « Haouch el-Mekfi »,
  • Katibat « es-Seddik » ou « Abou Bakr Seddik » (ancienne katibat « el-Qods » du GIA), dirigée par Abou el-Mouhib, puis – jusqu’en 2001 – Hassan Djaïd (alias Moqdad), puis Djamel Hamouchem (alias Abdelhamid) (éliminé en mars 2003), active dans le secteur compris entre Khamis el-Khechna et l’Est d’Alger. Elle est composée de trois seriat :
    1. Seriat « er-Ra’ad », dirigée par Reboud Ghobrini
    2. Seriat « Selmane el-Farissi », dirigée par Lounas Ferkioui
    3. Seriat « er-Rahman »(3)
  • Katibat « Khaled Ibn el-Walid », dirigée par l’émir Abdelghani Benaïssa (alias Abou Hamza). Elle se compose de deux seriat :
    1. Seriat « el-Feth » (à ne pas confondre avec la katibat du même nom) dirigée par Haroun Abou Salama, originaire de Médéa. Cette seriat est principalement active dans le secteur Meftah – Larba’a.
    2. Seriat « e l-Qadisiyya », dirigée par un certain « Yasser », originaire d’Alger(4).

Des kataeb indépendantes ou dont la subordination n’est pas identifiée avec certitude  :

  • Katibat « el-Farouk », dirigée, depuis mars 2003, par Bouchmak Hacène (alias Abou el-Hassan) et active au Nord-Ouest de Bouira.
  • Katibat « el-Fourkane », dont l’émir se rend aux autorités le 1 er juillet 1999. Elle est alors dirigée par Bouchnak Ammar (alias Billal) (jusqu’à son arrestation, le 13 décembre 2002) puis par Mehdi Younès, active dans la région de Bou Zegza – Bouira – Tablat(5).
  • Katibat « el-Ghoraba », dirigée par Ahmed Djabri (adjoint de Hattab), active dans le secteur d’Aomar, entre Bouira et Lakhdaria.
  • Katibat « el-Houda », dirigée par Hassan Toufik (abattu par l’armée algérienne le 24 février 2003), dissoute en 1999 et dont les combattants restants ont été versés dans la katibat « el-Moutaahidoune ».
  • Katibat « el-Moutaahidoune » active à l’Ouest de la wilaya de Bouira.
  • Seriat de Draâ el Mizan, dirigée par El Hadj Ali Abdelkrim.
  • Katibat « el-Mouhadjiroun », dirigée par Mohand Kacimi (alias Nouh) (1999), active à environ 30 km au Sud-Est de Bouira.
  • Katibat « al-Tawhid », active dans le secteur de Meftah.
  • Katibat « en-Nour », active à l’Ouest de Tizi Ouzou.
  • Katibat « Jound Allah » (« Soldat de Dieu »), qui opère dans la Zone Sud, dans un rayon de 150 km autour de Laghouat. Depuis 2000, elle est dirigée par Khelifa Ben Kouider (alias al-Hamam).

Opérations

Le GSPC s’est installé en Kabylie, dont la proximité de la capitale et les troubles engendrés par la crise identitaire kabyle favorisent le recrutement de combattants. Depuis 1998, il a cherché à mieux cibler son action afin de maintenir un certain soutien des populations locales. Ainsi, son action est généralement dirigée contre les forces de l’ordre, gendarmes, militaires, Groupes de Légitime Défense (GLD), gardes communaux, etc., mais les écarts sont nombreux et la population civile reste aussi largement touchée.

L’efficacité des opérations des forces de l’ordre algérienne dans le secteur de Bouira – Tizi Ouzou – Takhoucht a eu deux conséquences : le déplacement de certains groupes du GSPC au Sud (vers M’sila et Sour el-Ghozlane) et à l’Est (Jijel – Skikda – Batna) de leur zone d’action traditionnelle, et la conduite d’opérations particulièrement sanglantes et audacieuses à l’Est de la Kabylie, dans la région de Skikda, afin de faire déplacer l’effort principal des forces de l’ordre.

Il finance ses opérations par l’extorsion, mais s’installe également dans des activités moins visibles telles que les investissements immobiliers.

Zones opérationnelles du GSPC (fin 2002)

Le GSPC opère essentiellement au Nord-Est de l’Algérie. Selon l’armée algérienne les capacités opérationnelles du GSPC à la fin 2002 seraient les suivantes :(6)

  • Dans les wilayas de Boumerdès, Tizi Ouzou et Bouira, opèrent environ 180 hommes sous la conduite d’Adbedhamid Saadaoui (alias Abou Yahia, alias Abou el-Heythem, alias Yahia Abou el-Heythem) émir de la Zone II du GIA.
  • Dans les wilayas d’Annaba, Souk Ahras, Tébessa, Batna, Sétif, environ 150 terroristes opèrent sous la conduite d’Ammari Saïfi (alias Abderrazak el-Para)(7).
  • Dans les wilayas de Djelfa et du Sud du pays, les détachements motorisés de Mokhtar Ben Mokhtar (ou Belmokhtar) (alias Khaled Abou el-Abbès, alias el-Laouer), assurent la liaison avec le Mali et le Niger, en pratiquant divers trafics, afin d’assurer l’approvisionnement logistique du GSPC. Belmokhtar avait menacé les concurrents du Rallye Paris-Dakar en 1999 et se réfugie périodiquement au Mali ou au Niger.

Liens avec l’étranger

On attribue au GSPC des liens avec 4 Al-Qaïda et avec la communauté islamiste de Grande-Bretagne. En effet, dès sa création, le GSPC s'est associé au «Front islamique mondial du djihad contre les croisés et les juifs», créé par l'Egyptien Aïman al-Zawahiri. L’identification d’Imad Abdelwahid Ahmed Alwan (alias Abou Mohamed) homme de liaison d’Al-Qaïda en Algérie, tué le 12 septembre 2002 dans une embuscade tendue par les forces de sécurité près de Merouana, dans la wilaya (département) de Batna ( 450 km à l'Est d'Alger), tendrait à démontrer ce lien, mais l’existence d’une coopération opérationnelle n’est pas prouvée. Abou Mohamed aurait rencontré Mokhtar Ben Mokhtar.

Depuis le 11 septembre 2001, environ 35 membres du GIA et du GSPC ont été arrêtées en Espagne. En janvier 2003, des cellules du GSPC ont été identifiées et arrêtées à Barcelone et à Gérone.

Il a ses zones opérationnelles en Basse-Kabylie ( 100 km à l'est d'Alger) et dans les Aurès ( 350 km à l'est d'Alger) et plus particulièrement à Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès, Jijel, Batna et Tébessa. Plus politisé que le GIA, il choisit ses cibles essentiellement parmi les forces de sécurité.

Depuis 2002, le GSPC est inclus dans la liste des mouvements terroristes du Secrétariat d’Etat américain.

(1) Le Matin, « Enquête à Saïda », Mohamed Issami, 25.07.2002

(2) Ancien technicien de la santé qui a rejoint le maquis en janvier 1994, devenu « émir de katiba » sous l'autorité de Mohamed Kara (alias Abdelwahed Abou Omar) après avoir été chef de seriat.

(3) Les informations concernant ces kataeb sont souvent contradictoires. Une autre (?) katibat « el-Forkane » opère dans le cadre du 4 Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) .

(4) Hassan Hattab (alias Abou Hamza), né le 14 décembre 1967 à Rouiba, adhère au 4 Mouvement pour un Etat Islamique (MEI) en 1993. En 1994, il rejoint le GIA dans le cadre de l’unification des réseaux avec le Front Islamique du Salut (FIS) et le MEI. Il devient rapidement l’émir de la Katibat « el-Feth », au Sud-Ouest de la wilaya de Boumerdès. Promu émir du Jound el-I’tissam au début 1995, puis la Zone II du GIA en juin 1995, avant de créer le GSPC.

(5) Le Matin, « Cinq katibate pour semer la mort », Mohamed Hissami, 30.04.2003

(6) Le Matin, « Les katibate qui menacent Alger », Mohamed Hissami, 03.05.2003

(7) Le Matin, « Les katibate qui menacent Alger », Mohamed Hissami, 03.05.2003

(8) Cette katibat aurait été démantelée au début avril 2003. Certains de ses éléments se sont rendus coupables de nombreux meurtres et pratiquaient le racket dans les villes de El Hamiz, Alger, Bouduaou , Réghaïa, Bordj El Kiffan et Lakhdaria.

(9) Lieutenant-colonel Zerrouk, Colloque International sur le Terrorisme, 26-28 octobre 2002 à Alger.

(10) Abderrazak el-Para (on trouve également les noms d’Abderrazak Messaoud (alias el-Para, alias Ammari Saïf) et d’Abderrazak Lamari) serait né le 23 avril 1966 à Guelma. Entre 1987 et 1989, il effectue son service militaire dans les parachutistes de l’armée algérienne à Biskra, puis s’engage. Il quitte l’armée en 1991 et rejoint le Groupe Islamique Armé (GIA), qu’il ne tarde pas d’abandonner pour le GSPC. Il dirige un groupe d’« Afghans », qui rallie les kataeb dissidentes dans la Zone V du GIA. Il destitue le chef de la Zone V, Nabil Sahraoui, et devient l’émir. A la fin 2002, il devient le second de Hassan Hattab. (Mohamed Issami, « Touristes otages du GSPC », Le Matin, 09.08.2003)



Autres appellations:

Avant-Garde de la Conquête, Avant-Garde de la Victoire, el-Djihad, El-Djihad Egyptien, Groupe Djihad, Nouveau Djihad, Tala'ah al-Fatah (autres orthographes: Talai'I al-Fath, Talaah al-Fatah, Tala'al-Fatah)

Bibliographie:

Corrélats:

Site Internet: