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L'Al-Rashid
Trust (ART) n'est pas un mouvement terroriste, mais une organisation non
gouvernementale, dont la philosophie inspirée de l'islamisme, la
rapproche des mouvements terroristes et extrémistes. L'ART a été
fondé le 13 février 1996, par le muphti Mohammed Rachid.
Il est basé à Karachi et compte 21 offices à travers
le Pakistan (notamment à Lahore, Mansehra, Peshawar, Rawalpindi
et Mingaora) ainsi que des antennes en Afghanistan à Jalalabad,
Kaboul, Kandahar et Mazâr-e charif.
L'ART se définit officiellement comme une organisation de bienfaisance,
avec - au moins initialement - des projets sociaux au Pakistan. Progressivement,
ses activités se sont étendues à l'aide aux musulmans
de Tchétchénie, du Kosovo et d'Afghanistan.
Créée - incidemment - en même temps que l'arrivée
au pouvoir des Taliban en Afghanistan, l'ART en partage la philosophie.
Il est opposé à la présence des organisations non
gouvernementales occidentales en Afghanistan qu'il considère comme
des ennemis de l'islam, et milite pour leur expulsion d'Afghanistan. L'ART
prône aussi le Djihad et considère la guerre sainte est un
élément essentiel de l'Islam. L'ART dénonce aussi
la politique des Etats-Unis envers Israël, l'Irak et l'Arabie Saoudite.
Activités
L'ART publie deux journaux - l'un en urdu (Zarb-e-Momin) et l'autre en
anglais (Dharb-e-Momin) - et dispose d'une station de radio à Kaboul.
Le Dharb-e-Momin, qui contient essentiellement de la propagande anti-américaine
et anti-occidentale, est considéré comme une publication
sectaire au Pakistan. Le journal a un website, qui soutient explicitement
les Taliban.
Liens
L'ART entretient des contacts réguliers avec les Taliban, le Jaish-e-Mohammed
(JeM) et d'autres mouvements terroristes actifs dans le Jammu & Cachemire.
L'ART et le JeM partagent certaines infrastructures au Pakistan, tandis
que Maulana Massoud Azhar, le chef du JeM publie régulièrement
dans le Zarb-e-Momin. L'ART assurerait la gestion du financement étranger
du JeM. Le muphti Rachid a contribué aussi à l'installation
du bureau du JeM près d'Usmani Masjid à Lahore et dans le
Cachemire pakistanais. L'ART était également lié
au Harkat-ul-Ansar (HuA) avant la formation du JeM, ainsi qu'au Lashkar-e-Toiba.
L'ART est aussi soupçonné d'avoir fourni un appui logistique
aux Taliban et aux mercenaires étrangers en Afghanistan.
Des informations non confirmées mentionnent que certains de ses
membres auraient reçu une formation militaire en Afghanistan. Les
muphtis Rachid et Lubaba auraient eu des contacts directs avec Osama Bin
Laden, en Afghanistan.
Activités
financières
Bien que ses sources soient tenues secrètes, l'essentiel des finances
de l'ART proviennent de l'aumône traditionnelle (zakât) et
de donations privées provenant essentiellement du Pakistan, du
Moyen-Orient et d'Afrique du Sud.
En 2000, l'ART aurait envoyé 750'000 US$ en Tchétchénie
pour le soutien au musulmans, qui selon l'ONU n'ont jamais atteint leurs
destinataires, mais a été reçue par le cheikh Omar
Ben Ismail Dawood et Zelim Khan, l'ancien président tchétchène.
L'ART aurait également envoyé 300'000 US$ aux Taliban et
35'000 US$ au Kosovo.
Bien que l'ART prétende que ses activités, qui incluent
l'appui financier et légal aux militants musulmans emprisonnés
dans le monde entier, sont purement humanitaires, il serait une source
de revenus importante de la Qaïda. Il a été cité
le 22 septembre 2001, par le Département d'Etat américain,
avec autres 27 groupes et organisations pour la participation au financement
et au soutien des réseaux terroristes islamistes.
L'annonce américaine a été rapidement suivie par
la décision de la Banque nationale du Pakistan de geler les comptes
de l'ART, qui a, à son tour, annoncé, le 4 octobre 2001,
un recours contre cette décision devant la Cour Internationale
de Justice (ICJ) à La Haye.
Activités humanitaires
Les activités humanitaires et sociales de l'ART sont nombreuses
et se concentrent sur l'Afghanistan et le Pakistan. Mentionnons (source
: ART) :
- Un réseau
de boulangeries à Kaboul, Herat, Jalalabad, Kandahar et Mazâr-e
charif, fondé à la suite d'un conflit entre les Nations
unies et les Taliban sur l'emploi des femmes, puis la reprise de 155
boulangeries abandonnées par le Programme d'Alimentation Mondial
(PAM) de l'ONU, à la suite de son évacuation après
les des attaques terroristes du 11 septembre. Le budget annuel pour
ce programme est approximativement US$4 million. L'ART prévoit
de fournir du pain à 25'000 personnes et aspire à fonder
des boulangeries dans 14 autres provinces.
- La fourniture
de 2'000 machines à coudre pour les veuves de guerre en 2001.
" L'envoi hebdomadaire de produits alimentaires et médicaux
pour une valeur de US$1 million en Afghanistan. Il aurait envoyé
plus de 70 chargements humanitaires jusqu'en novembre 2001.
- La gestion
de cliniques à Kandahar, Kaboul et Ghaznî, d'un hôpital
à Muzaffarabad au Cachemire pakistanais.
- L'établissement
d'un réseau de madrassas, et la construction de mosquées
en Afghanistan. Avant le bombardement américain de l'Afghanistan,
l'ART avait 20 projets de construction de mosquées le long de
la route Kaboul-Kandahar et cinq mosquées sur la route Kandahar-Chaman.
L'ART dirige également un réseau de plusieurs madrasas
et mosquées au Pakistan, dont certaines sont soupçonnées
de recruter des combattants et/ou terroristes.
En
Afghanistan, l'ART entretient des contacts étroits avec une autre
organisation non gouvernementale arabe, Wafa Khairia, parrainée
par Bin Laden.
L'ART a des activités d'assistance humanitaire et sociale au Cachemire,
au Kosovo, en Afghanistan, au Daghestan et en Tchétchénie,
mais il soutient n'avoir aucun lien avec le terrorisme.
Personnalités du mouvement
Abdul Hadi Mullakhel - représentant
de l'ART à Kaboul.
Maulvi Sibghatullah - directeur d'ART
de Kandahar.
Maulvi Suleyman - responsable financier
de l'ART.
Mohammed Arshad - Représentant
de l'ART à Islamabad
Muphti Abu Lubaba - Directeur politique
de l'ART
Muphti Mohammed Rachid - Chef historique
et l'émir de l'ART, enseigne aussi dans la madrasa Darul Ifta-e-Wal
Ershad.
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